(extraits)
J’ai eu envie de travailler sur un thème simple, voire classique, qui me sortirait du registre autobiographique dans lequel je me reconnaissais. Le bois était au bout de ma rue. Je suis partie en vélo, comme à l’accoutumée, avec mon appareil photo en bandoulière. Et j’ai redécouvert ce lieu que je croyais connaître. Les saisons et les lumières le transforment. Les masses bougent. Combien de fois m’y suis-je perdue ?
Le travail photographique m’a appris à le pénétrer et ouvrir des chemins ignorés. Au fil du temps, j’étais dans la fascination des arbres. J’ai compris que c’était une représentation archaïque de soi que je traquais, jour après jour.
Le registre symbolique était fort : racines, tronc, fleurs et fruits, bourgeons...
Et cet élancé vers le ciel, tout en haut. Cette puissance de vie qui nous dépasse, mais aussi cette fragilité devant les déchaînements du temps. Je pense aux hivers glacials, aux chaleurs desséchantes, à la tempête qui l’a transformé, creusant des trouées, ouvrant d’autres perspectives.
Mais le bois est sorti de cette épreuve. Oui, après cette dévastation, la vie à nouveau.
Nous connaissons aussi des tempêtes internes dont nous nous relevons, parfois plus fort, toujours changé. Des traces restent.